Les Royaumes Mortels sont sillonnés par des lignes telluriques qui vibrent d’énergie arcanique. Là où ces courants magiques se croisent, de puissants liens de pouvoir se forment. Des sites saturés de magie, où des exploits thaumaturgiques infaisables ailleurs deviennent tout à fait possibles.

Depuis le début des Croisades Dawnbringer, ces liens sont devenus de plus en plus convoités; c’est sur de tels sites que sont érigés les nouveaux points forts Sigmarites, leurs défenses étant alimentées par les confluences mystiques. Un lien jusqu’alors inconnu a été découvert et la nouvelle de son existence a été portée à l’attention du chef de guerre le plus puissant de la région.

Revendiquer un tel emplacement pourrait modifier radicalement l’équilibre des pouvoirs; cependant, toute bataille menée autour d’une telle source d’énergie ésotérique sera certainement destructrice à l’extrême…

Anapox le Répugnant décide d’aller revendiquer un de ces lieux. Le plus proche est dans une zone inhospitalière pour Nurgle, ses Gueule Noueuse Immonde ne poussent pas. Il n’y a pas de terrain clair ni pour lui, ni pour les Ogors qui étaient également intéressé par ce site. Et sans terrain a cultiver, pas de possibilité d’invocations de démons en renfort.

Très rapidement la puissance des Ogors a submergé puis anéanti le bataillon de Nurgle.

Le clan Fimbulvetr poursuivait son pélerinage vers le coeur des conflits. Alors qu’ils avaient ripaillé avec le festin de peaux-vertes, ils cherchèrent à dénicher l’entrée des galeries par lesquelles s’étaient échappé les capuches pointues. En s’enfonçant dans une zone de marécage plus loin, les pistes traversaient une vasière poisseuse où trainaient de nombreux outils de paysans, et des carcasses de bétail. Gorgog s’avança, et renifla l’air. Il puait la mort, et le souffre du marais, mais discrètement, dans le fond, une effluve de malt et de brassage se faisait sentir. Ils tombèrent en avançant prudemment sur des baraquements nomades faits de tentures et de tuyauteries, véritable distillerie ambulante. Les Ogor avaient encore les crocs et avaient déjà sorti leurs masses et leurs couperets pour passer à l’assaut. Cependant, Gorgog leva la main, et alla trouver le propriétaire. Un gargant se trouvait assis sur un tas de fumier, en train d’avaler goulument une bière artisanale, de sa confection, à même le fût. Shruk, car tel était son nom, manqua de se renverser sur le dos, surpris par ses visiteurs, empoigna son morceau de pont et croisa le regard du tyran du givre. Celui-ci parla à Shruk des évènements guerriers à venir, et de ses visions. Peut-être trop bête, ou encore trop émêché, le gargant avala toutes les paroles de Gorgog, aussi aisément qu’il avalait son breuvage. Quant aux hommes de Gorgog, ils ne furent pas déçus longtemps de se mettre Shruk sous la dent, car il leur paya une gracieuse tournée. Le Clan Fimbulvetr venait de gagner une merveilleuse façon d’accompagner gustativement leurs prochains diners…​

Voilà des jours entiers que le clan poursuivait sa route. Les hommes de Gorgog commençaient un peu à douter de ses prétendues visions, mais étant donné que la chair et la bière coulaient encore dans leurs gosiers, cela ne leur posait pas plus de problèmes que cela. Shruk cependant, commençait à être mis à l’épreuve par ses nouveaux camarades. Railleries et boutades sur son physique particulier lui pesaient fortement. Quant à Gorgog, il ne suivait pas ses frères d’armes, mais se contentait de fixer le Gargant, comme s’il attendait beaucoup de lui, et qu’il était encore en train de le jauger. Après avoir installé leur campement pour la semaine, là où ils avaient convenu de retrouver le chasseur parti en quête d’alliés dans ces terres inconnues pour le Clan, la Meute d’ivoire partie en éclaireur collecter quelques vivres et du bois de chauffage avaient ressenti des pulsations arcaniques très puissantes. De retour au campement, ils firent part de leur découverte au reste de leur fratrie. L’envie de connaître le goût de la magie pure en bouche en effrayait plus d’un, mais leurs estomacs étaient bien plus curieux que leur instinct de survie. Gorgog, lui, se doutait bien qu’il y aurait surement de la vie tout aussi curieuse que leur appétit insatiable.

Une fois arrivé sur le site, les Ogor s’engagèrent sur tous les fronts vers le nexus de pouvoir, chacun pensant à leur propre appétit égoiste. Dans une formation désordonnée et chaotique, ils prirent d’assaut les terres magiques de tous les côtés. Dans leur ruée, ils découvraient un nouveau genre de repas bien douteux, des suppôts de Nurgle accompagnés d’entités démoniaques se trouvaient également là. Les Ogor s’acharnèrent, leur appétit en éveil les motivait à faire des ravages en combat. De plus, il semblait que les adversaires étaient au dépourvu, les individus semblant les plus influents semblaient contrariés, leur contagion se trouvait limitée.

Très vite après avoir atteint la mêlée, les Ogor plantèrent leurs crocs puissants dans la chair immonde, et furent pris de nausées. Les vagues pestilentielles, bien qu’assez diffuses, perturbèrent les gloutons et leurs montures. Très vite, ils lâchèrent leurs prises, affaiblis au sol par les combats, et se rabattirent sur le site de pouvoir, pour dévorer les gemmes, les pierres et autres matières imprégnées de magie. De l’autre côté du conflit, Gorgog avait jeté toute sa rage du combat et celle de Caillasse, son mégastodonte, sur un seigneur adverse, qui encaissa les coups non retenus du tyran. Gorgog savait que son duel était déjà gagné, mais il fit quelques pas en arrière et fit signe à Shruk de le remplacer. Le gargant chargea de toutes ses forces, déterminé à se faire une place auprès du clan. Un petit sourire apparut au visage de Gorgog, et les Ogor du clan virent Shruk terrasser un des héros adverses. Le soir, le clan était de retour au camp, et de nombreux ogor ne festoyèrent pas autant que d’habitude. Ils avaient peut-être emporté la victoire, mais nombre d’entres vomissaient leur butin et furent cloués à leur paillasse encore quelques jours après l’affrontement. Certains prirent la peine de féliciter leur nouvel allié pour ses "exploits" guerriers, et cessèrent de se moquer de Shruk. Fimbulvetr avait appris deux choses ce jour là : La viande du Grand Père n’est à manger qu’en dernier recours, et les sites de magie ne devraient pas être dévorés, car ils permettent d’appâter du gibier…​

Victoire majeure des Hordegueules Ogor !